Denis Darzacq – Galerie RX Paris

« La proie pour l’ombre » Exposition du 6 mars au 10 avril 2021

Video directed by Théo Pitout – Observascope Agency

Galerie RX, Paris

Pour son 3e solo show à la Galerie RX, Denis Darzacq approfondit sa recherche qu’il a initiée il y a une dizaine d’années et qui, de prime abord, semble relever de la photographie abstraite.

Il y présente plusieurs séries : Contreformes, Absences, Recompositions, Photos mobiles qu’il met en regard avec quelques photos issues de projets antérieurs (Act 2 et Hyper). Si la photographie est un travail avec la lumière, Denis Darzacq explore un espace où se conjuguent mouvement, volume et matière, d’où sa tentation de la sculpture à laquelle il a cédée logiquement, à découvrir à travers les séries Skins, Ondes et Feuilles.

Le titre de l’exposition quant à lui, « La proie pour l’ombre », est « suffisamment énigmatique pour laisser vagabonder l’esprit et renvoie au Mythe de la caverne » et à ces ombres maintenant les individus dans un état d’illusion, ne sachant plus poser les bonnes questions.

« Ce sont des photographies concrètes de situations abstraites »

La photographie documentaire a été au cœur de la pratique de Denis Darzacq pendant de nombreuses années : photojournaliste dès ses débuts, il apprivoise au fur et à mesure sa liberté d’artiste en s’éloignant de la mission d’informer de la photographie. Si avec La Chute, Act, Nu, Hyper, il interagit avec des modèles qui interfèrent avec leur environnement, il est désormais seul dans son atelier pour créer une matière autonome.

« Je pense que ce sont des photographies extrêmement concrètes de situations abstraites. »

Ainsi, la démarche de l’artiste renvoie directement au manifeste de l’Art concret qui revendique : « Un tableau doit être entièrement construit avec des éléments purement plastiques, c’est-à-dire plans et couleurs. Un élément pictural n’est pas d’autre signification que  »lui-même » en conséquence le tableau n’a pas d’autre signification que lui-même. »

Il s’est affranchi du caractère narratif de l’image. Une archéologie abyssale Le mode opératoire est nouveau puisqu’il plonge dans ses propres archives pour découper et agencer des images en une forme éphémère qu’il prend en photo et dont la matière sera à son tour réutilisée et réagencée avec d’autres éléments, pris en photo et ainsi de suite, une sorte de mise en abyme de sa propre création sans fin. On est dans le « ça-a-été » de Roland Barthes : la chose a été là le temps de la photographie, sa réalité est passée, la photographie en est le témoin, la trace. Denis Darzacq déplace alors sans arrêt le statut même de l’œuvre et sa définition, de l’objet-sujet à la photographie de cet objet qui redevient matière première pour façonner une nouvelle forme et prendre corps en tant que sculpture tangible. On retrouve cette idée du recyclage dans ses Contreformes : morceaux de polystyrène servant à emballer et protéger des biens de consommation, sans aucune autre fonction que celle-là, ils sont érigés au rang de sculptures abstraites. Le trouble s’installe car on n’identifie pas immédiatement la nature du matériau qui permet à l’artiste d’aborder « l’idée de la ruine, de l’architecture, de l’anthropocène, de ces déchets qui s’accumulent et dont ne fait rien.

Le dénominateur commun est le geste photographique qui donne naissance à des arborescences » qui donnent naissance à ses différentes séries. Il n’y a plus de frontière entre la présentation et la représentation, à la manière de Joseph Kosuth. « Ce travail d’archéologie dans mes propres images est une façon de synthétiser des questionnements complexes qui me traversent sans les nommer (de façon plus conceptuelle et moins appliquée), qui sont d’ordre politique, social, éthique, écologique, mais qui interrogent également la manière dont les corps prennent position dans le cadre, au sens propre comme au sens figuré. »

Biographie

Né en 1961, Denis Darzacq est issu du photoreportage. Il a traduit de façon poétique des sujets de dimension politique et sociale en mettant en scène des individus qui interagissent avec leur environnement (des jeunes à Bobigny, des personnes en situation de handicap, des danseurs dans les hypermarchés…), à chaque fois c’est une façon d’occuper l’espace avec le corps. Renonçant à s’appuyer sur les conventions de la représentation du réel, Denis Darzacq invente pour chacune de ses « rencontres » une forme spécifique de mise en scène, un regard photographique particulier, qui révèle en creux ce que le seul reportage peine souvent à traduire : des codes, des rêves, des non-dits, qui affirment la présence de chaque « un » dans la multitude. Il vit et travaille à Paris, France.

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